Agnès de Langeac : sa biographie est publiée à nouveau

Nouvelle édition du classique écrit par M. Charles de LANTAGES pss
vendredi 22 avril 2011
par  Ronald Witherup
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Une nouvelle édition de la biographie très connue de la Bienheureuse Agnès de Jésus, dominicaine mystique, vient de paraître. Elle est écrite par le prêtre sulpicien, Charles de LANTAGES. La première édition date de 1665.

Cette nouvelle édition intitulée Vie de la bienheureuse Agnès de Langeac : La première biographie (Paris, Cerf, 2011) a été rédigée par le frère dominicain, Jean-Claude SAGNE op qui, malheureusement, est mort quelques mois avant que l’ouvrage ne soit publié. Le père sulpicien Irénée NOYE a participé à ce projet. Comme le frère SAGNE l’écrit dans son introduction de la nouvelle édition, la première biographie de Mère Agnès est particulièrement remarquée pour la qualité précise de l’information, son intuition théologique, en particulier dans la spiritualité de Mère Agnès, et son style élégant. L’actuel supérieur général des Sulpiciens, M. Ronald D. WITHERUP pss, a rédigé une courte postface.


Les Soeurs dominicaines du couvent de Langeac en compagnie du Supérieur général des Sulpiciens

La nouvelle édition préserve le texte original du père de LANTAGES sans ajouts ou sans correction sérieuse, si ce n’est de moderniser l’orthographie et d’assurer une uniformité dans la ponctuation et les références. A côté des mémoires de Mère Agnès, elle est une superbe ressource informant sur la vie, la spiritualité et l’époque de cette femme remarquable.

Née le 17 novembre 1602 au Puy-en-Velay, Mère Agnès était attirée par la vie spirituelle à un âge précoce. Elle entrait dans le nouveau monastère dominicain qui venait d’être fondé à Langeac à l’âge de 21 ans et fut élue prieure à peine quatre ans plus tard. Pour les Sulpiciens, Mère Agnès et les sœurs dominicaines de Langeac ont toujours été une ressource et un réconfort spirituels importants. Mère Agnès a joué un rôle important en encourageant la profondeur spirituelle et l’esprit apostolique de M. Jean-Jacques OLIER, le futur prêtre fondateur des Sulpiciens en 1641.

L’histoire raconte que Mère Agnès eut une vision de la Vierge Marie en 1631 l’avisant de « prier pour l’abbé de Pébrac ». A cette époque-là, M. OLIER ne connaissait ni Pébrac, ni Mère Agnès bien qu’il eût reçu l’abbaye de Pébrac comme l’un des bénéfices de sa charge comme jeune prêtre. En 1633, il se décida à aller prêcher une mission en Auvergne et à aller faire connaissance tout particulièrement de son abbaye. Pendant une retraite préparatoire à cette mission, M. OLIER eut la vision d’une religieuse, inconnue de lui jusque bien plus tard, qui priait pour l’abbé de Pébrac. Il allait bientôt découvrir que c’était Mère Agnès.


L’abbaye de Pébrac dont le père OLIER avait la charge

Au cours de sa visite à Pébrac, le père OLIER entendit parler de la grande prieure au couvent de Langeac situé à proximité et il décida d’aller la rencontrer. Il reconnut la jeune femme de sa vision. C’est ainsi que commença une relation spirituelle remarquable et intense, bien que brève jusqu’à la mort de Mère Agnès en 1634. Elle exhorta ce prêtre récemment ordonné à vivre plus près du Seigneur Jésus, à embrasser la croix du Christ et à développer une relation étroite avec la Vierge Marie. Le parloir où ils se rencontrèrent pour la première fois et au moins deux autres fois a été préservé et fait partie d’un musée dans le vieux couvent. Quelques extraits de lettres rédigées par l’un et l’autre ont aussi été préservés.


Dans ce parloir, Agnès de Langeac et Jean-Jacques Olier se rencontrèrent pour la première fois.

L’influence de Mère Agnès de Langeac, ainsi qu’elle fut connue, sur le père OLIER a été profonde. Elle l’a grandement encouragé dans sa vocation de prêtre. Il la considérait comme sa « mère spirituelle » et leur correspondance témoigne de cette relation proche, aussi brève fut-elle. Elle a encouragé M. OLIER dans son zèle apostolique, mais elle lui a aussi rappelé la souffrance qui vient avec le fait d’être disciple.

Elle lui donna un magnifique crucifix, qui fut plus tard perdu ou volé, mais remplacé par les Sœurs dominicaines par une copie exacte. Elle lui souhaita de « nombreuses croix » à porter dans sa vie. Ses mots furent prophétiques, car M. OLIER a enduré de nombreuses épreuves et tribulations au cours de sa vie et de son ministère.

Mère Agnès est morte le 19 octobre 1634 à l’âge de 31 ans. Son héritage –la promotion des vocations sacerdotales-, cependant, se transmet dans ce même couvent dominicain de Sainte Catherine où elle a vécu. Les sœurs consacrent maintenant leur vie à prier pour les prêtres et, en particulier, pour les Sulpiciens qui ont pour ministère la formation initiale et permanente des prêtres. La prieure actuelle est sœur Christiane-Dominique op, et les Sulpiciens restent éternellement reconnaissants à toutes les sœurs pour leurs prières et leur soutien.


Soeur Christiane-Dominique op, prieure du couvent de Langeac

Le pape Jean-Paul II a béatifié Mère Agnès le 20 novembre 1994 et elle est devenue en France la « mère spirituelle des séminaires ». Dans le calendrier liturgique sulpicien, sa fête est célébrée le 19 octobre, avec la collecte du jour suivante :

[*Dieu qui es Bon et Tout-Puissant, Tu as donné à la Bienheureuse Agnès de Jésus une grande compassion pour les pauvres et le souci de la formation des prêtres. Accorde-nous, par son intercession, d’accueillir avec une Foi vivante le Christ Crucifié et de Le faire connaître pour le salut de tous les hommes. Lui qui règne pour les siècles des siècles. Amen.*]

Il existe d’autres publications sur Mère Agnès :

S. Marie DE LA TRINITÉ, op. Agnès de Langeac : moniale dominicaine, mère spirituelle de J.-J. Olier 1602-1634. 2nde éd. ; Langeac, 2001.

Arnaud BOYRE, Grand Mémoire sur Agnès de Langeac. Arfuyen, 2004.

Agnès de Langeac : Le souci de la vie et ses commencements. Actes du colloque de Langeac du 15 au 17 octobre 2004. Paris, Cerf, 2006.